Violentes manifestations en Afrique du sud : le président contraint de rentrer au pays
20 avril 2018
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Violentes manifestations en Afrique du sud : le président contraint de rentrer au pays

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a quitté précipitamment un sommet du Commonwealth à Londres pour se rendre vendredi dans le nord-ouest de son pays en proie à de violentes manifestations contre la corruption et le manque de services publics.

Peu avant l’arrivée de M. Ramaphosa à Mahikeng, le chef-lieu de la province du Nord-Ouest, épicentre des incidents, la police a tiré des balles en caoutchouc vendredi matin pour tenter de disperser quelques dizaines de manifestants.

Le président « a décidé d’écourter sa participation à la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth à Londres » afin de « suivre la situation dans le Nord-Ouest », ont annoncé les services de la présidence sud-africaine.

Ramaphosa a « appelé au calme et au respect des lois dans la province » du Nord-ouest, selon un communiqué de la présidence. Il a demandé à la population d’exprimer ses revendications « par des moyens pacifiques plutôt que par la violence et l’anarchie », tout en exigeant de la police qu’elle fasse preuve « de la plus grande retenue » dans l’exercice de ses fonctions.

Il s’agit de l’un des premiers défis auxquels est confronté le nouveau président Ramaphosa depuis son accès à la fonction suprême en février.

Il a fait de la lutte contre la corruption une de ses priorités, alors que son prédécesseur, Jacob Zuma, a été contraint de démissionner en raison des nombreux scandales dans lesquels il est embourbé.

Début avril, ce dernier a comparu pour corruption dans une affaire de ventes d’armes vieille de près de vingt ans. Son procès doit reprendre en juin.

Vendredi matin, la situation restait extrêmement tendue à Mahikeng, après une nouvelle nuit de violences. Les écoles, magasins et services publics étaient fermés.

Depuis le début des incidents plus tôt cette semaine, des magasins ont été pillés, des véhicules incendiés et 23 personnes arrêtées, selon la police qui a demandé des renforts. Une personne a été tuée jeudi, selon la chaîne d’informations eNCA, mais la police n’était pas en mesure de confirmer, dans l’immédiat, l’information.

Les manifestations ont éclaté après la mort de deux habitants qui s’étaient vu refuser des soins dans une clinique à cause d’une grève.

Les manifestants protestent contre le manque de services publics et exigent la démission du Premier ministre de la province, Supra Mahumapelo, qu’ils accusent de corruption. Ce dernier est membre du parti du Congrès national africain (ANC), au pouvoir en Afrique du Sud depuis l’avènement de la démocratie en 1994.

 

Avec  AFP

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