Togo : l’opposition réclame l’alternance politique
6 septembre 2017
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Togo : l’opposition réclame l’alternance politique

Des milliers de partisans de l’opposition sont descendus dans les rues de Lomé et dans dix villes du Togo ce mercredi 06 septembre 2017 pour réclamer une alternance politique, dans un pays dirigé depuis 2005 par le président Faure Gnassingbé. Amnesty International a estimé à « au moins 100.000 » le nombre de participants dans la capitale, selon son directeur au Togo, Aimé Adi.

A Lomé, une foule déchaînée brandissait des pancartes et criait des slogans hostiles au régime de Faure Gnassingbé: « La dictature se nourrit du silence et de l’inactivité », pouvait-on lire sur l’une d’elles.

« Les réformes, c’est des mensonges, on ne les croit plus. Si le peuple est décidé, rien ne peut l’arrêter, pas même l’armée », a déclaré un manifestant.

Une grande partie de l’opposition togolaise (coalition de cinq partis Cap 2015, le Groupe des six et le Parti National Panafricain -PNP, rejoints par plusieurs partis mineurs), avait décidé de s’unir mercredi pour de grandes marches.

L’arrivée de Jean-Pierre Fabre a été acclamée par des milliers de personnes au rond-point Be Gakpoto, épicentre des émeutes qui avaient fait des centaines de morts après l’élection du président Gnassingbé en 2005, année où il a succédé à son père, resté au pouvoir près de quarante ans.

Une autre figure de l’opposition, Tipki Atchadam, qui avance également le chiffre d’un million de manifestants, a affirmé que « de mémoire d’homme, les Togolais ne sont jamais sortis aussi massivement à Lomé ».

L’internet mobile était coupé dans la capitale togolaise, empêchant l’accès aux réseaux sociaux, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place.

Dans le nord du pays, à Sokodé, Dapaong et Kara notamment, plusieurs milliers de manifestants ont également défilé, selon Amnesty International et des témoignages d’habitants sur place.

L’opposition demande des réformes constitutionnelles (limitation du mandat présidentiel et scrutin à deux tours) promises par le régime, qui n’ont jamais abouti.

-Le gouvernement joue à l’apaisement-

« Le président a déploré les incidents graves survenus à Sokodé et à Lomé lors des manifestations du 19 août dernier (qui ont fait au moins deux morts) et a appelé la population au calme, à la sérénité et à la modération », a affirmé un communiqué publié à la suite du Conseil des ministres mardi soir, avant des marches de l’opposition de grandes ampleurs.

« La Commission de réflexion mise en place pour évaluer les attentes de la population », que l’opposition décriait comme une manière de gagner du temps, « n’a pas pu terminer son travail », a déclaré le ministre de la Fonction publique, Gilbert Bawara, invitant les opposants au « dialogue et au débat ».

Toutefois, la limitation à deux mandats présidentiels ne se fera pas de manière rétroactive selon le projet de loi. « Il n’y a pas de raison législative de le faire », a soutenu le ministre. « Mais nous avons besoin d’un consensus pour que cette réforme soit acceptée », soit les 4/5e des votes au parlement, a-t-il dit.

 

Avec AFP

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