Rentrée scolaire aquatique dans un Cotonou toujours au C.I.
4 octobre 2016
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Rentrée scolaire aquatique dans un Cotonou toujours au C.I.

Quand on vous disait que la ville de Cotonou devait passer enfin du C.I. au C.P., voire en terminale ! C’était il y a à peine plus d’un an. Habitants de Cotonou, vous avez purement et simplement refusé. Malgré la disgrâce que vous lui avez signifiée quelques semaines plus tôt, vous aviez décidé de reconduire dans ses fonctions l’éternel maître du C.I., Léhady Soglo dans ses fonctions au cœur du cœur du Conseil municipal et mieux encore. Conséquence, un an plus tard, c’est désespérant, mais c’est bien le cas de le dire, la capitale économique du Bénin reste plus que jamais dans sa classe de prédilection.

Pour ceux qui n’auront pas compris, voici quelques éclaircissements. Le sigle C.I. procède de l’opération 3C.I., entendez « Cotonou en Campagne Contre les inondations » mise en place depuis treize années maintenant par le parti dirigeant de la Mairie de Cotonou en guise de plan de contingence dans le cadre de la lutte préventive et palliative contre le phénomène récurrent des inondations dans la capitale économique du Bénin. C.I., c’est aussi le sigle qui désigne dans le cadre de l’enseignement primaire, le cours initial, première véritable classe où l’enfant apprend l’alphabet, les chiffres, les jours, les mois…, le basique de l’instruction. C’est ce qui explique qu’en juin 2015, à l’occasion de la féroce bataille qui a opposé les forces politiques pour le contrôle de la ville de Cotonou, les adversaires de la famille Soglo aux commandes depuis 2003 et initiatrice de l’opération 3C.I., appelaient les électeurs à enfin faire passer la municipalité du C.I. à une classe supérieure pour selon eux, ne plus subir les affres des inondations entre autres. Peine perdue bien que cette campagne électorale se fut déroulée en pleine saison pluvieuse. C’est Léhady Soglo, fils du maire sortant, qui va hériter du poste. Dès lors, ce 03 octobre 2016, au moment où démarre la rentrée scolaire au lendemain d’une pluie torrentielle, la Mairie de Cotonou et ses fameux 3C.I. sont bien naturellement sur la sellette.

2016 comme de nombreuses années auparavant, parents, écoliers et élèves, se surprennent à devoir patauger dans des mares, affronter d’immenses flaques, parfois même sur des voies bitumées ou pavées, avant de pouvoir accéder à l’école. Et bien sûr comme chaque fois, c’est la Mairie qui en est tenue pour responsable ; c’est l’Etat qui est accusé de ne pas jouer convenablement son rôle. Les Cotonois oublient avec une déconcertante facilité qu’ils ont construit leurs habitations, leurs écoles, leurs hôpitaux sur certains des exutoires naturels des eaux de ruissellement ou carrément dans des bas-fonds sordides.

A ce problème qui ne contrarie pas que la rentrée, tout le monde ou presque connait la solution. Elle a un cout. Financier, colossal. Politique, immensurable. Lesquels des acteurs politico-administratifs du Bénin seraient prêts à ordonner l’expulsion hors des zones de sinistres des milliers, voire des centaines de milliers de personnes qui n’ont d’autres souci que de se considérer comme habitants de Cotonou ? Qui a même ne serait-ce que songé à évaluer le cout financier d’une telle opération ? Et qui devra payer ? Où relocaliser ces expulsés dans un pays où l’Etat n’est même pas maitre du foncier ? Et si l’opération devait être menée un jour, qui en paiera les conséquences politiques ? Le Maire en exercice ? Le gouvernement et son Chef ? Y seraient-ils prêts ?

En réalité, personne ne veut se mouiller pour sauver Cotonou et ses habitants de la furie des eaux. On gère le quotidien, comme avec les éternels 3C.I. Mais tant que les bonnes réponses aux questions posées plus tôt n’auront pas été trouvées et les décisions nécessaires prises, cette rentrée scolaire 2016-2017 aux allures de baignade qui n’est pas la première du genre, ne sera pas non plus la dernière.

C’est mon opinion, et je la partage.

James-William GBAGUIDI

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