Où est passé l’hélicoptère présidentiel de Yayi Boni ?
6 octobre 2016
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Où est passé l’hélicoptère présidentiel de Yayi Boni ?

Comme son actualité politique quelque peu mise en veilleuse, le ciel béninois est désespérément vide ces temps derniers sans les allées et venues naguère incessants de l’hélicoptère présidentiel. Les citoyens résidant dans les quartiers à proximité de l’aéroport de Cotonou, n’entendent pratiquement plus et voient encore moins la fameuse libellule qui permettait à Boni Yayi de donner l’impression d’avoir le don d’ubiquité, de décoller et atterrir ici et là comme par le passé. Comme à son habitude, Patrice Talon a décidé de rompre avec les usages de son prédécesseur.

Nous sommes en saison de pluies ; en début d’année scolaire. Se mêlent donc le calvaire des inondations et le sort des écoliers et élèves contraints de reprendre le chemin des classes dans des conditions pénibles ! Il n’en aurait pas fallu plus pour que Thomas Boni Yayi bondisse dans son coucou volant pour aller se rendre compte par lui-même de la situation partout où de besoin. Inondations à Malanville et Banikoara ! Vroum, on aurait déjà vu arriver l’hélico présidentiel. Que ce soit pour parcourir les 15 km de Cotonou à Calavi ou les plus de 800 km qui séparent le palais présidentiel de la ville la plus septentrionale du pays, le Président de la République voyageait systématiquement en hélicoptère. J’en venais à me demander ce que Boni Yayi aimait le plus entre le plaisir d’être devant un micro face à une foule conquise et celui de s’envoyer en l’air. Au sens propre du terme, s’il vous plait.

Son successeur par contre, de donne pas l’impression d’aimer beaucoup ça. C’aurait été Lionel Zinsou au pouvoir que les choses auraient été indubitablement différentes. Peut-être pas jusqu’à la frénésie yayiste de s’envoler à tout propos, mais certainement pas la réticence apparente de Talon d’emprunter l’hélicoptère présidentiel de temps en temps.

Mais le choix de du nouveau Président de la République de ne pas se servir régulièrement de l’hélicoptère présidentiel ne procède certainement pas d’une aéorodromophobie ; Oui oui, c’est cela le mot scientifique approprié pour désigner la peur des moyens de transport volants. Patrice Talon a sans doute d’autres appréhensions et d’autres raisons. Voici une dizaine d’années en effet que son prédécesseur exploitait et surexploitait même les coucous volants présidentiels. On a su qu’il y en avait au moins deux après le crash subi par celui du Premier Ministre en janvier dernier, et qui n’a pas empêché Boni Yayi quelques jours plus tard, de lui en mettre à disposition un autre. Mais dix ans d’exploitation, ça mérite une pause. Patrice Talon, par ailleurs, n’est pas un politique forcené. Pas à la manière de Boni Yayi. Il n’est pas homme de foule et de contact, et donc il limite ses déplacements intérieurs au strict minimum. Avec ça, pas besoin de voler à longueur de temps.

Mais le plus important, c’est sans doute le cout prohibitif d’une promenade en hélicoptère. L’appareil consomme en effet du Jet A1, c’est-à-dire du kérosène. Un carburant plutôt onéreux malgré la baisse des cours du brut. Dans la dynamique de l’austérité ambiante, il serait inconvenant de la part du Chef de l’Etat, sauf besoin impératif, de se mettre à voler dans le sillage de son prédécesseur. Autres temps, autres mœurs. Le Nouveau départ ne s’accommode pas des randonnées aériennes. Et c’est sans doute mieux comme ça même si ca vide le ciel béninois. Jusqu’à nouvel ordre.

C’est mon opinion, et je la partage.

James-William GBAGUIDI

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