La Côte d’ivoire adopte une loi pour freiner la contrebande de cacao et de cajou
4 mai 2018
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La Côte d’ivoire adopte une loi pour freiner la contrebande de cacao et de cajou

La Côte d’ivoire a renforcé son arsenal juridique pour lutter contre la contrebande de produits agricoles, notamment le cacao et la noix de cajou, qui font l’objet de spéculations, a annoncé jeudi le porte-parole du gouvernement Bruno Koné.

Le gouvernement a notamment adopté une loi punissant jusqu’à 10 ans de prison, 50 millions de francs CFA (75.000 euros) « quiconque directement ou par personne interposée écoule, vend, stocke, exporte, distribue hors des frontières (…) les produits agricoles dont l’exportation est soumise à agrément », selon le texte.

« Il s’agit de protéger l’économie ivoirienne, de permettre à notre économie de transformer » les produits agricoles, a estimé M. Koné, soulignant que les lois en vigueur jusqu’ici n’étaient pas « suffisamment dissuasives ».

L’Etat ivoirien fixe le prix versé aux producteurs pour le cacao, l’anacarde (noix de cajou), le coton, le café et le caoutchouc (hévéa).

Ces prix subventionnés ont à la fois pour but de garantir un minimum aux producteur mais aussi de permettre la transformation de ces produits dans le pays avant exportation. C’est le leitmotiv et le principal objectif du président Alassane Ouattara depuis son accession au pouvoir.

Le président ivoirien estime qu’en créant des unités de transformation de la matière première, le pays pourra résorber son important chômage, tout en améliorant sa balance commerciale, avec des produits à valeur ajoutée, au lieu de l’exportation simple de matières brutes.

Toutefois, le cacao et l’anacarde, notamment, font l’objet d’une importante contrebande. Plusieurs milliers de tonnes de cacao partent en contrebande vers le Liberia et surtout le Ghana, où son prix d’achat est plus fort, selon une source gouvernementale.

Pour l’anacarde, les quantités détournées seraient de « 20.000 à 50.000 tonnes, qui feraient perdre à l’Etat et aux structures de la filière entre 3,1 et 7,8 milliards de francs CFA » (4,5 à 12 millions d’euros), selon un rapport interne du gouvernement, dont l’AFP s’est procuré une copie.

Le Ghana et la Côte d’Ivoire ont signé en mars des accords pour « harmoniser leur politique de commercialisation du cacao » et « conviennent d’annoncer chaque année de manière concomitante le prix au producteur ».

La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, avec environ 2 millions de tonnes et ce secteur, premier employeur du pays, a subi de plein fouet la chute de 40% des cours depuis juillet 2016. Le pays transforme moins de 500.000 tonnes sur son territoire, a regretté le président ivoirien Ouattara, soulignant que le prix du chocolat lui ne baissait pas.

 

Avec AFP

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