Incendie du marché Dantokpa : le sinistre sans fin.
1 juillet 2016
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Incendie du marché Dantokpa : le sinistre sans fin.

Il y a déjà des gens qui regrettent le départ de Thomas Boni Yayi du pouvoir. Pas ses thuriféraires en col blanc, ces adulateurs qui n’avaient de cesse de chanter la gloire de l’ancien chef de l’Etat au point de lui faire croire en ses rêves d’éternité. Beaucoup de ceux-là ont déjà très prestement retourné leurs vestes, attendant désormais plus ou moins impatiemment que le nouveau régime s’en rende compte et les intègre à son système. Ceux dont il est ici question sont ceux à qui le régime défunt a fait des promesses mirobolantes, des annonces faramineuses et qui auraient bien aimé que les promesses faites soient tenues. Parmi eux, les sinistrés de l’incendie du marché Dantokpa à qui Thomas Boni Yayi avait promis la reconstruction éclair en deux mois de leurs hangars et une substantielle aide à la réinstallation. Huit mois plus tard, la montagne n’a même pas encore accouché.

Ils étaient plusieurs centaines à manifester le mercredi 29 juin dernier leur amertume face à une situation dont ils ne maitrisent plus vraiment les tenants et les aboutissants. Travaux suspendus, comité des sinistrés sous pression, génie militaire attentiste et désargenté, SOGEMA dépassée, contributions financières évaporées… la situation a en effet l’air bien compliqué. Et les pauvres sinistrés qui sont laissés à leur triste sort depuis octobre 2015, n’avaient sans doute pas d’autre choix que de battre le macadam pour se faire entendre. Encore faudrait-il que la méthode marche aussi bien avec Patrice Talon qu’avec Boni Yayi. Car jusque-là, le fait de manifester n’a pas encore vraiment fonctionné, ni pour les admis aux concours querellés qui avaient marché ni plus ni moins sur la Présidence de la République, ni plus récemment pour les ressortissants de Savalou, mécontents de n’avoir pas obtenu pour leur cité le titre de chef-lieu du département des Collines. Talon n’est pas Yayi.

Mais il faut noter que dans le cas présent, la protestation des sinistrés du marché Dantokpa est plus que légitime. Conscients probablement de l’inapplicabilité du délai de deux mois annoncé par l’ancien Président de la République, ils ont plutôt attendu huit mois avant de venir demander des comptes. Pourquoi donc n’auraient-ils pas de réponses à leurs attentes ? Acteurs économiques, pères, mères et chefs de familles, ils sont aussi importants que d’autres dans le chantier de la relance économique du Bénin et leur participation à la croissance ne peut être considérée comme marginale.

Par ailleurs qu’en est-il de cette affaire de 500 millions de francs CFA de dons aux sinistrés qui se seraient évaporés ? Comment se fait-il que sur les 800 millions annoncés à une époque par Boni Yayi, il ne resterait que 300 millions dans les caisses ? L’ancien Président de la République avait-il affabulé ? Ce ne serait pas la première fois. Ou alors, des mains agiles et rapides ont-elles discrètement soutiré des fonds dans les caisses ? Cela reste à déterminer.

En attendant, c’est à l’interminable détresse de ceux qui n’ont pas demandé à être sinistrés qu’il faut faire face. L’Etat est et doit rester une continuité, surtout dans ce genre de cas. Il revient à Patrice Talon de mettre à la disposition du génie militaire les moyens d’achever le chantier et de donner les instructions pour que soient relogés ceux qui en ont le droit. Car on ne peut pas laisser un pan entier, l’un des plus exposés du plus grand marché de l’Afrique de l’ouest dans l’état d’un éléphant blanc, un des innombrables héritages du régime Yayi.

C’est mon opinion, et je la partage.

James-William GBAGUIDI

Mots clés chronique, opinion

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