Burundi : l’ONU met la pression sur la CPI pour enquêter sur des crimes contre l’humanité
4 septembre 2017
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Burundi : l’ONU met la pression sur la CPI pour enquêter sur des crimes contre l’humanité

Des enquêteurs de l’ONU ont exhorté lundi la Cour pénale internationale à enquêter de toute urgence sur des crimes contre l’humanité et autres atrocités commis par les autorités au Burundi.

« Ces actes (…) ont été perpétrés dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique contre la population civile, avec la connaissance d’une telle attaque. Ces actes rentrent dans le cadre d’une politique de l’Etat burundais », a dénoncé le président de la Commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi, Fatsah Ouguergouz, au cours d’une conférence de presse.

Le gouvernement burundais a réagi en dénonçant un complot occidental qui « restera sans effet », tandis que l’opposition a espéré l’ouverture d’une « nouvelle ère d’espoir pour mettre fin à l’impunité ».

Pointant « des responsables au plus haut niveau de l’Etat », la Commission indique dans son premier rapport avoir « des motifs raisonnables de croire que plusieurs de ces violations, commises en majorité par des membres du service national de renseignement, de la police et de l’armée ainsi que des Imbonerakure (milice pro-gouvernementale selon l’ONU, ndlr), constituent des crimes contre l’humanité ».

« Des atteintes aux droits de l’homme ont également été commises par des groupes armés d’opposition, mais celles-ci se sont avérées difficiles à documenter », selon le document.

AFP/Archives / CARL DE SOUZA
Des manifestants opposés à un troisième mandat du président burundais

Au regard de l’impunité régnant dans le pays, la Commission demande « à la CPI d’ouvrir dans les plus brefs délais une enquête sur la situation au Burundi depuis avril 2015 ».

Le Burundi ayant notifié sa décision de se retirer de la CPI le 27 octobre 2016 et ce retrait étant effectif un an après, la CPI a jusqu’au 27 octobre pour ouvrir une enquête de son propre chef. Passé cette date, seul le Conseil de sécurité de l’ONU pourra faire appel à l’institution internationale.

Dans son rapport, la Commission, créée en septembre 2016 par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, cite des « violations souvent d’une cruauté extrême, en particulier des exécutions extrajudiciaires, des arrestations et détentions arbitraires, des disparitions forcées, des actes de torture ».

Les victimes sont en majorité des jeunes hommes qui « ont comme point commun d’être des opposants au gouvernement ou perçues comme tels ».

Les enquêteurs de l’ONU ont documenté « quelques milliers d’arrestations et de détentions arbitraires », des « centaines de cas de tortures et des « centaines d’exécutions extrajudiciaires », a indiqué M. Ouguergouz, précisant que ces chiffres n’étaient pas exhaustifs.

 

Avec AFP

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