Brexit : ils sont fous ces Britishs !
28 juin 2016
0 commentaire
Share

Brexit : ils sont fous ces Britishs !

Un Premier Ministre calculateur politiquement myope, un leader populiste europhobe et xénophobe, des dirigeants et chefs de partis europhiles peu convaincus et peu convaincants, un peuple superbement divisé et des électeurs globalement révoltés. C’est à ce cocktail Molotov détonnant que l’Union européenne doit le coup de massue que vient de lui porter le Royaume-Uni de Grande Bretagne : le oui au Britain exit (Brexit). Aucun argument rationnel ne militait en faveur du grand saut dans l’inconnu qu’ils ont effectué. Pourtant ils l’ont fait. Et c’est maintenant, qu’ils recherchent le parachute.

A moins d’une heure de la fin du vote qui a abouti à leur décision de sortir de l’UE et dans les heures qui ont suivi la publication des premières tendances, les recherches sur Google portant sur les mots clé « Union européenne » et « Brexit » se sont accrues de 250% de la part des internautes Britanniques. Le Top 5 des questions les plus recherchées par les internautes au Royaume-Uni se présentait comme suit :

  1. Quand le Royaume-Uni a-t-il rejoint l’Union européenne?
  2. Pourquoi la Grande-Bretagne quitte-t-elle l’Union européenne?
  3. Que va-t-il se passer si la Grande-Bretagne quitte l’Union européenne?
  4. Qu’est-ce que le Brexit?
  5. Que signifie la sortie de l’Union européenne pour le Royaume-Uni?

De plus, depuis les résultats, une pétition qui a été lancée le 25 mai et qui suggère que le vote ne soit valide que si le camp vainqueur recueille au moins 60% des voix, et seulement si la participation atteint au moins 75%, a déjà obtenu plus de trois millions de signatures. Ce qui impose qu’elle soit étudiée par la Chambre des Représentants. Chose curieuse, le profil des signataires transcende largement les partisans traditionnels du maintien que sont entre autres les jeunes, les Londoniens, les Ecossais et les Nord-Irlandais. Comme si une partie des Britanniques regrettaient déjà leur vote. Comment peut-il en être autrement d’ailleurs quand c’est après avoir fini de voter que l’on se pose les questions listées plus haut ?

Il y a peu de doute, ils sont fous, ces British ! Et ils sont surtout en pleine tourmente. Avec un Premier Ministre confronté à l’inconséquence de ses choix, qui se permet  encore de choisir à quel moment il démissionnera. Avec une opposition aussi clivée que le parti au pouvoir sur le sujet. Et un leader populiste, Nigel Farage, à qui personne ne s’aventurerait à confier le destin de la Grande Bretagne dans un moment aussi crucial, même si ce sont ses arguments contre l’Europe qui ont le plus fait mouche.

Perspectives économiques sombres, menaces réelles sur l’emploi, risques de dislocation, voire de disparition à moyen terme de ce qui est désormais un « Royaume-désuni », il y a de quoi générer l’inquiétude qui se perçoit chez les sujets de sa Majesté et qui engendre chez eux ces réactions plus incohérentes les unes que les autres. D’autant mieux que les autres pays membres de l’Union se montrent fort pressés de voir l’éternel « mouton noir britannique », celui à qui ils avaient accordé des avantages exorbitants et dont le peuple vient d’étaler « l’ingratitude », débarrasser le plancher.

Malgré les pétitions, malgré le péril, malgré les pressions, il est en tout cas peu probable que le choix des électeurs effectué le 23 juin dernier puisse être remis en cause. Grand saut dans l’inconnu, sans parachute disais-je. Voilà l’un des défauts du système démocratique. Cette instabilité. Cette propension du peuple à comprendre de travers et à mélanger les enjeux locaux, régionaux, nationaux, intégrationnistes, etc. La démocratie n’est pas un luxe que pour les Africains analphabètes que les gens caricaturaient et caricaturent encore. Si les British en viennent à abandonner la posture qui était la plus avantageuse pour eux à tous les points de vue, ou presque, c’est qu’ils ne sont pas mieux que ces « analphabètes d’Africains ».

C’est mon opinion, et je la partage.

 

James-William GBAGUIDI

Mots clés chronique, opinion

Commentaires

Aucun commentaire Être le premier à donner son avi

Rédiger un commentaire

Vos données sont en sécurité! Votre adresse e-mail ne sera pas rendu publique. Nous ne partageons pas vos informations avec de tiers personnes. Les champs obligatoires sont marqués par *